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23.11.2006

La chèvre

La chèvre...

25/08/00

Voilà, je viens de m'installer dans le petit logement situé juste au-dessus de ma classe. Si tu savais, comme elle est extraordinaire cette petite école. De ma fenêtre j'aperçois les Monts d'Arrée. Un véritable bonheur, renouvelé chaque matin. Tu sais, lorsque le chant des oiseaux me réveille, que je découvre en ouvrant mes volets les monts encore sombres enveloppés d'une brume matinale et que je respire cet air encore frais, c'est un tel bonheur que je me dis que je ne regagnerai jamais plus la ville et encore moins cette banlieue où j'ai toujours vécu. Tu vois, je n'avais jamais connu la campagne et j'ai déjà l'impression de m'y sentir chez moi.
Peut-être un jour accepteras-tu de me rejoindre.


30/09/00

Je me plais tellement ici, que je viens d'acheter un terrain. Comme il est en friche, mon voisin, (en fait, le fermier qui m'a vendu le champ) a proposé de me vendre aussi une chèvre. D'après lui, elle se chargera de nettoyer les talus et les broussailles sans que je n'aie plus à m'occuper de rien. Je l'ai donc installée au bout d'une corde et il me suffit de la déplacer chaque jour et de lui fournir un peu d'eau. Tu vois, n'est-ce pas merveilleux la campagne… même le nettoyage se fait tout seul !



Le 05/10/00

Voilà presque un mois que ma petite chèvre travaille vaillamment en se nourrissant de toutes les ronces qui bordent les talus. J'ai étudié quelques livres concernant la vie de cet animal rustique et ils disent qu'en octobre il serait bon de l'amener au mâle afin qu'elle ait ses petits en février juste avant les beaux jours. Il est donc tu vois, bien temps que je lui trouve "un mari" !!!



Le 25/10/00

Quelle journée !!! Il faut tout de même que je te la raconte…
Voilà, j'ai trouvé un mâle pour ma chèvre, mais il réside dans une ferme éloignée, (à cinq kilomètres environ). Il a donc fallu que je l'y conduise en voiture. Dès mon repas terminé, vers treize heures, je me suis dit que j'avais le temps de régler cette affaire avant de retourner en classe. Je l'ai donc portée pour la mettre dans le coffre… Elle était un peu réticente. J'avais beau lui expliquer où elle allait, elle ne voulait rien entendre. (A moins qu'au contraire, elle ait compris où elle allait, va savoir ?). J'ai du appuyer un peu sur la tête pour pouvoir fermer le coffre, mais bon… Lorsque nous sommes arrivés, le fermier m'a expliqué que le mâle se trouvait en contrebas du champ, près de la voie de chemin de fer. Il m'a dit que je n'avais qu'à lui présenter la chèvre et qu'après, normalement ils se débrouillaient tout seul.


J'ai donc parcouru une centaine de mètres, traînant ma chèvre au bout d'une longe. Comme elle ne savait pas que c'était jour de noce, elle ne se pressait pas et grignotait les ronces le long des talus. J'étais constamment obligé de la traîner. Au bas du champ, nous avons découvert une masse sombre qui dormait "à poings fermés"… (je n'ai pas trouvé l'expression qui convient pour les chèvres !)… Il a donc fallu que je le réveille. Confiant, je lui ai un peu secoué les côtes, afin de lui présenter sa belle. Il a ouvert les yeux, il s'est mis sur ses pattes et là j'ai réalisé la taille de la bête. Elle était bien aussi haute que moi, puissante, musclée et possédant des cornes énormes, acérées comme des sabres. Lorsqu'il a aperçu la chèvre, ça l'a tout énervé. Il s'est mis à tourner autour d'elle mais la pauvre vierge, effrayée est venue se réfugier contre moi… ce qui ne m'arrangeait pas du tout parce que je voyais bien que ma présence énervait fortement le bouc. Un moment j'ai cru qu'il allait m'embrocher.
Les cent mètres qui me séparaient de la voiture m'ont paru interminables. Il s'énervait, soufflait de colère et devenait menaçant. Nous nous sommes réfugiés dans la voiture (la chèvre et moi)… et nous sommes rentrés à la maison.
Seulement, voilà encore quelque chose que tu ne sais pas : le bouc possède une arme fatale, son odeur !!! Ma chèvre en avait le poil imprégné si bien qu'il m'a fallu rouler toutes les vitres ouvertes… et malgré cela l'air était à peine respirable.
Arrivé à la maison, je l'ai débarquée et j'ai rapidement regagné ma classe. A peine le cours commencé, le petit Nicolas (quatre ans) lève le doigt.
Monsieur, me dit-il, ça pue dans la classe.
Je le regarde un instant sans trop comprendre quand un plus grand s'est exclamé.
C'est affreux, on dirait que c'est l'odeur du bouc !
J'ai réalisé alors que mes vêtements avaient dû aussi s'imprégner de cette puanteur et que c'est moi qui dégageais cette odeur infernale ! Je pense que je suis devenu cramoisi. Il me fallait vite trouver une explication à cette odeur infernale afin, si possible, de ne pas perdre la face.
Effectivement, les enfants, il me semble qu'il règne une odeur bien désagréable dans cette classe. Vous allez retourner jouer un instant sur la cour, le temps que j'aère. Allons, sortez.
A peine sortis, alors qu'ils ne se doutaient même pas que je pouvais encore les entendre, j'ai perçu des propos assassins :
Je te dis que c'est le maître qui pue !
Tu crois ?
J'en suis certain, il doit avoir mal au ventre…
Et les deux garnements de partir d'un fou rire incontrôlable. Que faire ? Je suis sorti le plus dignement possible et de l'air le plus naturel, j'ai regagné mon logement qui par chance se trouve au-dessus de ma classe, laissant les enfants seuls sur la cour. Heureusement à la campagne, ils sont bien sages.
J'ai pris une douche, j'ai changé de vêtements et retour en classe… l'après-midi s'est déroulé normalement.

Quel bonheur, cette vie à la campagne, n'est-ce pas ?


Le 25/10/00

L'aventure continue !!!
Ce matin, tout était normal lorsque je suis passé nourrir ma chèvre… mais à treize heures lorsque je suis retourné la voir elle euh ? pleurait ? hurlait ? gueulait ? … et ça sans discontinuer… Etait-elle malade ? Eh bien non ! Mon ami le fermier m'a dit qu'elle était en chaleur et que si je souhaitais qu'elle ait des petits, c'était le moment de l'amener au mâle. Voilà l'odeur persistante du bouc avait déclenché les chaleurs… Je la détache, mais cette fois d'elle-même, elle se dirige prestement vers le coffre de la voiture… je l'ouvre, hop ! Elle y monte toute seule…
Le mâle nous attendait près de la barrière. Dès que je me suis arrêté, je l'ai vu franchir la clôture pourtant haute au moins d'un mètre cinquante et cela, sans le moindre effort. Il est venu se poster près de la portière. Quand même intimidé, je suis sorti par celle opposée. J'ai rapidement ouvert le coffre et la chèvre a bien vite sauté pour rejoindre "son copain". Ils se sont un peu flairés, leur façon à eux de s'embrasser sans doute et ils sont partis en voyage de noce dans la montagne…
Demain j'irai voir si elle est rentrée. Inutile de te dire que cette fois, j'ai passé sous la douche et j'ai changé de vêtements avant de regagner ma classe.

Le 26/10/00

Ce matin, j'ai déjeuné et dès huit heures je suis parti voir si je pouvais récupérer ma chèvre. Comme j'arrivais, je les ai vus émerger de la brume, ils rentraient seulement de leur escapade… ça c'était réellement ce que l'on appelle une nuit de noce !!!
Je l'ai récupérée en surveillant quand même du coin de l'œil son nouvel époux… mais, il devait être trop fatigué, il ne l'a même pas regardée partir. Cette fois l'odeur était pire que la première fois. J'ai cru que je n'arriverai pas vivant à la maison.
Enfin, ma chèvre était calmée, heureuse dirons-nous… Elle ne semble plus avoir d'état d'âme et elle mange, consciencieusement les ronces du talus.

Cinq mois ont passé…

Le 12 février 2001

Chaque jour depuis déjà une semaine, je dois nourrir ma chèvre. Je ne la sors plus parce qu'une épaisse couche de neige recouvre la campagne. Pour accéder à sa cabane, maintenant, ce n'est pas une mince affaire. Les branches des arbres alourdies, touchent le sol, il faut donc ramper par endroits. On a l'impression d'accéder en quelques lieux secrets.
Ce matin, j'ouvre la porte et comme chaque fois, je lui parle. Elle me répond par un bêlement un peu plus appuyé que de coutume. Elle me regarde, et là, tu devines déjà ce que je découvre… Accrochés à la mamelle deux petits chevreaux à peine nés qu'elle lèche amoureusement.
Quel bonheur, tu l'imagines…

Septembre 2001

Tu vois, j'effectue ma deuxième rentrée dans ma petite école. Cette année j'ai quatorze élèves. Le plus petit à deux ans et j'ai quatre grands au CM2. Le bonheur de vivre et travailler avec ces enfants à la campagne ne me quitte pas, pas plus que cette passion pour ma vie "de fermier".

Octobre 2001

La leçon de chose
Ah, aujourd'hui je me suis encore " embarqué" dans une aventure pas possible ! Écoute plutôt :
Tu sais, ce matin même, j'ai vendu mes deux chevreaux qui étaient déjà bien grands… oui mais, voilà, maintenant, il faudra traire la chèvre deux fois par jour !!! J'ai bien étudié quelques livres, ce qui m'a permis de savoir qu'il fallait un seau pour mettre le lait (quelle découverte !) ainsi qu'un petit banc à la bonne hauteur pour s'asseoir. Comme ils ne disaient rien quant à la technique à employer, j'ai pensé que ça ne devait pas être si compliqué. J'ai donc décidé de joindre l'utile à l'agréable. Voilà, me suis-je dit, je vais mettre en place un type de leçon qu'il serait bien impossible d'imaginer en ville, juge toi-même...

Dès le début des cours, j'ai très habilement commencé par parler de l'utilité de consommer du lait puis j'ai ensuite abordé l'étude des produits dérivés. J'ai demandé aux enfants s'ils savaient comment on fabriquait le beurre, le fromage, les yaourts. Je leur ai ensuite proposé de tenter l'expérience. Nous avons donc décidé de passer le plus vite possible à la pratique. Dès le début de la classe de l'après midi nous nous rendrons au pré afin de traire la chèvre.

A treize heures trente, je suis rentré en classe avec mon seau à lait et le petit banc à trois pieds sur lequel je dois m'asseoir. Les enfants sont tout énervés. Avant de partir j'ai écrit en grand sur le tableau "Nous sommes au Morbic. Leçon pratique : Traire une chèvre" et ceci afin d'informer l'inspecteur de l'Education Nationale si par hasard il nous rend visite.
Les enfants se sont ensuite rangés par deux et nous nous sommes dirigés vers le lieu de notre activité.
Dès que nous sommes rentrés dans le champ, la chèvre est venue quêter quelque nourriture et des caresses. Son pis était vraiment gonflé de lait. Heureusement que j'avais mis cette activité en place !
Confiant, je me suis installé sur mon petit banc, contre son flanc. Les enfants très attentifs se sont mis en demi-cercle pour ne rien perdre de l'opération. J'ai attrapé les mamelles et je les ai mises dans le seau. Là, j'ai ressenti comme une première inquiétude. Tu sais une chèvre, ce n'est pas bien haut, et comme le récipient était profond, les mamelles ont totalement disparu dans le récipient. Je me suis dit qu'elles risquaient bien de tremper dans le lait.

Enfin, il fallait s'y mettre. Les enfants attendaient. Je pince le pis… rien. Je le serre à pleine main… rien. Je recommence… rien. Je tire entre deux doigts… rien. Je recommence… rien… rien… rien… Je sens alors comme un sentiment d'angoisse m'envahir et la sueur couler sur mon front. A ce rythme, à dix sept heures, je n'aurai pas récupéré trois gouttes de lait. Je sens que tout mon prestige aux yeux des enfants va fondre très rapidement et j'entends les commentaires moqueurs de leurs parents. J'essaie de trouver une excuse qui me permettrait de sauver la face…
Vous voulez que je la traie, monsieur ?
Je lève le nez, c'est Yann qui m'a posé cette question. Je l'ai observé une seconde très attentivement craignant qu'il se moque de moi, mais non, il était très sérieux. Les autres enfants non plus ne semblaient pas accorder d'importance à mon incapacité. Pas plus que la chèvre d'ailleurs qui grignotait quelques brins d'herbe.
Tu sais traire, toi Yann ?
Oui, monsieur, j'ai des chèvres à la maison.
J'ai quitté mon petit banc sans un mot. Yann pris ma place et comme par magie, le lait a giclé sous ses doigts. En dix minutes à peine, il a vidé les mamelles. Nous avions bien récupéré un litre et demi de lait. J'ai essayé de bien comprendre sa technique parce qu'il faudra bien que j'y arrive maintenant chaque jour. Heureux nous sommes rentrés à l'école.
Nous avons récupéré des verres à la cantine et nous avons partagé équitablement le lait de notre première traite. Nous l'avons trouvé délicieux.

Le 12 Novembre 2001

Là ce matin, je t'écris pendant la classe… tu vas comprendre !

Je te disais dans une lettre précédente que la production de lait était assez importante et que nous n'arrivions pas à l'utiliser. Nous avons donc décidé de fabriquer du fromage. Nous avons rempli quelques cuvettes de plusieurs litres de lait et nous les avons recouvertes d'un linge. Il a d'abord régné dans la classe, une forte odeur aigre, de lait tourné, assez difficile à supporter lorsque nous franchissions la porte mais heureusement après quelques instants, on ne percevait plus rien et nous pouvions travailler normalement. L'inconvénient c'est que nos vêtements étaient imprégnés de cette odeur et que nous la traînions partout avec nous.
Il y a cinq ou six jours nous avons démoulé une vingtaine de petits fromages et là ils nous ont semblé suffisamment affinés. L'heure de notre réussite allait sonner.
C'est à cet instant précis que l'inspecteur est rentré dans la classe. Il a été complètement conquis par ces séances de travaux pratiques (il faut dire que lui aussi est à son premier poste, qu'il vient de la région parisienne et qu'il est émerveillé par des activités aussi concrètes dans une classe.) Nous avons mangé un petit fromage de chèvre chacun. Ils étaient délicieux. C'était la fête… Mais la nuit qui a suivi, ça a été la défaite ! Vers minuit, je me suis réveillé avec un mal de ventre qui n'a été qu'en empirant. J'ai ensuite été malade, mais malade !!! Le matin, je n'étais toujours pas vaillant, mais je me suis dit que je devais tout de même assurer les cours. Encore barbouillé, livide, j'ai ouvert le portail de l'école. J'ai machinalement vérifié l'heure à ma montre parce qu'aucun élève n'attendait à la porte. Seul sur la cour, je me suis assis sur un banc pour essayer de récupérer encore un peu. Neuf heures, et pas un élève sur la cour ! Et soudain, ça a été le choc lorsqu'une évidence m'est apparue - Et si j'avais empoisonné ma classe entière ?

J'ai encore patienté un moment mais à neuf heures quinze, il m'a fallu me rendre à l'évidence. Personne ne viendrait à l'école !
Une sueur froide me trempait le front et mes mains tremblaient lorsque j'ai formé le numéro du premier élève de la liste. Il fallait pourtant que je sache, je ne pouvais rester dans le doute.
Une sonnerie… dix sonneries… pas de réponse. Deuxième appel… pas de réponse. Douzième… quatorzième appel… Pas une seule famille n'a répondu ! Je sens la panique me gagner. Les enfants seraient-ils si malades qu'il a fallu tous les hospitaliser ? J'imagine que l'inspecteur, lui aussi, est malade mais je ne vais quand même pas prendre de ses nouvelles. J'en recevrai d'ailleurs bien assez tôt !!!
Ah là, là, dans quelle situation je me suis mis !

Même jour 10 H 30

Je suis toujours seul en classe !
J'envisage le pire… les parents, effrayés par mes expériences, se seraient-ils donné le mot et auraient-ils décidé d'inscrire leurs enfants dans une autre école ? Je me sens mal, j'ai une boule énorme sur l'estomac et cette fois, je t'assure, ce n'est pas le fromage de chèvre !!!
Un bruit de voiture !!! Elle s'arrête ! Debout derrière la fenêtre, j'observe… c'est le maire du village. Il pénètre sur la cour… mon cœur va exploser… quelle catastrophe vient-il m'annoncer ? Il grimpe l'escalier, frappe à la porte… je vais me trouver mal !!! Il entre… mon regard se voile, mes oreilles bourdonnent…
- Ah ! Yvan, tu es là ? Me dit-il. Je suis bien embarrassé …
Il doit lire ma frayeur dans mon regard, je m'attends au pire.

- Je viens de m'apercevoir que nous ne t'avons pas invité à notre grande fête du cheval breton…
??
Ben, oui, tous les deux ans, le douze novembre, tous les éleveurs présentent leurs meilleurs chevaux. C'est une telle fête que pas un habitant du village ne manquerait ce concours. Évidemment tu ne pouvais le savoir et nous aurions dû t'inviter.
Alors, tous mes élèves y sont ?
Oh, je pense oui… Allez, viens, je t'emmène, au moins là-bas, tu ne seras plus un maître sans élèves !!!
J'ai suivi le maire, un peu comme un automate. A l'approche de l'hippodrome, mon cœur s'est remis à cogner de plus belle… et si aucun de mes élèves n'était présent !!!
Je pénètre dans l'enceinte, fouillant la foule du regard… et j'aperçois Yann, puis Julie, Manon, Claire et Sandrine. Je commence déjà à compter les présents. Au moins, ils ne sont pas tous malades ! Elles m'aperçoivent aussi et viennent m'embrasser.
Tous vos camarades sont-ils là ?
Oui, oui, monsieur… les garçons sont près du box de "Bayard". C'est un étalon qui appartient au père de Gwendal. Ils pensent que son cheval devrait remporter le concours.
Je me dirige rapidement vers cet endroit et cinq de mes élèves s'y trouvent. Ça m'en fait déjà dix !!! Il n'en manque plus que quatre… les plus jeunes… peut-être les plus sensibles aux microbes ? Mais je les aperçois bientôt tous les quatre dans une calèche. Monsieur le maire, lui-même les promène autour de l'hippodrome… ma tension nerveuse tombe brusquement. Je sens les larmes me monter aux yeux.
Vous êtes, à ce point ému par la beauté de mon étalon ? Monsieur le professeur.
C'est l'heureux propriétaire de Bayard qui vient de m'adresser la parole.
Euuhhh… Oui, il est vraiment magnifique votre étalon ! Je pense que vous allez gagner le concours.
Vous passerez à la maison, je vous montrerai mon élevage.
Oui, oui, ce sera avec un immense plaisir.
Je m'éloigne et me glisse dans la foule afin d'être plus tranquille et de pouvoir récupérer tranquillement.
Quelle journée !!!

Vendredi 13 novembre

Mon rapport d'inspection vient d'arriver. Je peux te dire que j'étais très inquiet en ouvrant l'enveloppe
Enfin, voici ce que dit mon inspecteur à propos de mon "aventure" pédagogique :
"Mr M… met en pratique dans sa classe une pédagogie vraiment moderne que nous avons appréciée à sa juste valeur. Les enfants sont réellement passionnés par ces activités concrètes. Dans le cas présent, ils ont appris à fabriquer du fromage…
etc… etc… etc…

Nous ne pouvons qu'encourager ce jeune enseignant à poursuivre ces activités si riches d'expériences pour ses jeunes élèves.
Nous lui adressons tous nos encouragements
Signé : Monsieur J. P. M. inspecteur de l'éducation nationale."

Hé bien, non !!!!! Fini, la fabrication de délicieux fromages ! Cette aventure m'a trop marqué. Imagine, si j'avais empoisonné tous mes élèves !!!!! Je ne recommencerai plus jamais ce type d'expériences !

Ce qui est tout de même étrange, c'est que j'ai été le seul à être malade. L'estomac d'un professeur venant de la ville, serait-il plus fragile que celui de ses élèves élevés à la campagne ?