31.10.2007
Le loup et la grand-mère
Aux dernières nouvelles, le loup aurait-il quitté le Mercantour pour venir s’installer dans les Monts d’Arrée ? A moins qu’il ne s’agisse d’un solitaire échappé du parc animalier de Menez Meur ?
Ecoutez cette histoire dramatique et vous jugerez vous-même.
Hier, mardi, en fin de journée, j’avais raconté aux enfants, l’histoire du petit chaperon rouge. Les plus petits (trois ans) semblaient avoir été marqués par la fin tragique de la grand-mère et s’étaient mis à pleurer… Je leur avais donc expliqué qu’il ne s’agissait que d’une histoire mais je voyais bien qu’ils n’étaient guère rassurés.
Et, le Jeudi matin, à l’ouverture de l’école, j’aperçois une jeune grand-mère qui se dirige vers moi, tenant sa petite fille par la main.
- Ah, monsieur, me dit-elle, ne pensez-vous pas avoir tourmenté l’esprit des enfants avec votre histoire du petit chaperon rouge ?
- ????
- Tiens, Lucie dit-elle à sa petite fille, va rejoindre tes petites copines…
Et pendant que la petite fille s’éloignait, la grand-mère poursuivit…
Eh oui, figurez-vous que hier, je gardais Lucie… et tandis qu’elle jouait au loup, j’étais à genoux, penchée sur le jardin, je repiquais quelques fleurs… Et soudain… j’ai ressenti une vive douleur à la fesse, j’ai hurlé de douleur… je me suis retourné… et là, heureux de sa bonne blague, le loup qui venait de me mordre, me regardait en souriant…
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27.10.2007
Le merle alcoolique
Note : Après un mois sans rien publier, j'ouvre les statistiques... et je constate avec un grand bonheur qu'une centaine de lecteurs ont ouvert ce blog... Comment vous remercier ? Voici un petit texte (déjà mis en ligne puis supprimé il y a un an environ) J'espère que vous aimerez...
Il est classé "conte"... mais allez savoir !!!
Ah ! Il s'en passe de bien bonnes dans nos campagnes !!!
Avant hier soir, comme de coutume, je fais un tour de jardin avant la nuit. Et là, mon attention est attirée par un merle au comportement étrange. Il ne fuit pas à mon approche et a même du mal à se tenir sur ses pattes. Je m'en approche à cinquante centimètres peut-être, et là, il s'éloigne un peu en titubant. Je m'en approche encore et là contrarié il pousse ses cris mais pas les "quic…quic… quic… quic…" nerveux auxquels je suis habitué. Non, ce serait plutôt du genre "hic… hic… hic…"
Je réalise alors que mon merle a mangé les pommes fermentées que j'avais triées. En fait, il est ivre !!!
Hier matin, lorsque je suis allé dans le jardin, je retrouve mon merle, il me regarde d'un drôle d'air… d'un regard un peu trop brillant, un peu agressif . Il était là sur une branche à peine à quelques centimètres de moi. Son œil me disait "Tu vois bien que je suis en manque, vite, mon premier verre !"
Je lui ai donc apporté ses trois pommes fermentées sur lesquelles il s'est précipité en piaillant de plaisir… et il devait être huit heures et demie du matin.
Hier soir, je suis passé dans mon jardin mais je ne l'ai pas vu, il doit cuver sous un arbre!!! Devrai-je essayer de le désintoxiquer ?
Ce matin, j'ai donc pris la ferme résolution de guérir mon merle de sa mauvaise habitude. J'arrive dans le jardin, il est là à attendre sa première dose d'alcool.
- Pas d'histoire, lui dis-je, je t'ai apporté des miettes de gâteaux. Tu n'as qu'à t'en remplir le ventre si tu ne veux pas mourir de faim.
Je vois alors son œil incrédule s'allumer. C'est comme s'il se marrait. Oser proposer un biscuit à quelqu'un qui attend son premier verre du matin ! D'ailleurs, je lis bien dans ses pensées… "Non, mais, tu te fous de moi ? Tu veux que je meure d'un excès de cholestérol ? Dis, c'est ce que tu cherches ?"
Bon, je reste calme, je ne veux pas me chicaner… mais j'ai bien envie de lui dire qu'en mangeant trop de gâteaux, c'est plutôt un excès de diabète qui le guette.
Je reste ferme, je lui laisse les biscuits bien en évidence et je rentre à la maison.
Ce soir, je retourne au jardin… pas de merle ! Je cherche un peu autour des arbres, il a disparu. C'est bien, me dis-je il doit maintenant se contenter d'une nourriture plus saine. J'ouvre la porte de la cabane… Horreur !!! Mon merle est là sur le bord du cageot de pommes. Il est venu se servir directement à la source… et il est tellement ivre qu'il dort, le bec ouvert… un filet de salive dégouline sur son plumage noir !!!!
Cette fois, je décide d'employer les grands moyens. Je le saisis délicatement mais il ne s'en aperçoit même pas. Je le place dans un carton que je place dans le coffre de ma voiture et je prends la direction la ville. Je décide de le déposer à la SPA.
Là, lorsque j'explique ce qui m'amène, les yeux de mes interlocuteurs s'allument aussi (un peu comme ceux de mon merle quand il est en manque).
- Ah, vous avez de la chance me dit une dame en blouse blanche. Justement monsieur Goasgoen est là. Comme il est vétérinaire, il va pouvoir s'occuper de votre oiseau.
Arrive un monsieur tout barbu qui se fait expliquer les raisons de ma visite.
- Un merle alcoolique ? Dit-il…. Je vais l'ausculter.
Il prend son stéthoscope. Souffle un peu sur les plumes et écoute les battements du cœur. Mon merle, lui, toujours ivre, dort toujours la tête pendue dans le vide.
- Oh, le cœur est bon, je pense que nous allons le garder en observation et dès qu'il ira mieux, nous le relâcherons. Je pense que vous êtes d'accord ?
- Naturellement dis-je… Mais vous comprenez bien que je ne pouvais laisser ce pauvre merle s'alcooliser comme cela, sans intervenir ?
- Ah, vous avez bien fait, monsieur me répond-il.
Et je lis dans ses yeux brillants à quel point il apprécie ma bonne action.
Lorsque je ressors sur le trottoir, j'ai tout de même un choc. Là devant moi, deux blouses blanches sortent d'une ambulance. Ils passent à ma hauteur… et entrent aussi dans les locaux de la SPA.
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