29.04.2008

Les cloches de Pâque

- Mamie… Mamie…. Regarde ! Grand-père est grimpé tout en haut de l’arbre !
- Ah… mais qu’est-ce qui lui prend encore ! Il va se tuer ! Il a vraiment perdu la tête ! C’est affreux…
C’est vrai que depuis quelques jours le pauvre papi a la raison qui s’égare…

Les premiers signes se sont manifestés, le jour ou les cloches sont rentrées de Rome. En passant comme de coutume elles ont éparpillé des œufs en chocolat dans la campagne… enfin, c’est ce qu’a dit la mamie à sa petite fille Marie-Louise… Ordre a donc été donné au grand père d’aller inspecter les lieux afin que sa petite fille puisse sortir effectuer sa « cueillette ».

Effectivement, grand-père est rentré disant qu’il avait vu des œufs enveloppés dans du papier doré un peu partout et même deux grands lapins en chocolat qui étaient restés suspendus par les pattes à des fourches d’arbres.

La cueillette pouvait donc commencer…

Une heure plus tard la petite Marie Louise est rentrée disant qu’elle n’avait trouvé qu’un lapin en chocolat.
- Il y en avait deux, a dit le grand-père.
- Tu es certain ? Lui a demandé sa femme ?
- Ben, oui quand même ! A-t-il répondu, un peu contrarié par ce genre de questions.
- Nous n’en avons trouvé qu’un !
Alors que répondre à ça ? Tout le monde est ressorti et le grand-père, fort de son expérience a suivi le chemin parcouru par les cloches. Ce qui a permis à Marie-Louise de récolter encore deux ou trois oeufs qui étaient un peu trop bien cachés. Mais… pas le moindre lapin en chocolat.
- Tu es certain d’en avoir vu deux ? a demandé la grand-mère.
- Ben, oui quand même, je sais encore ce que je fais !
Mais, au hochement de tête de sa femme, le doute a commencé à s’installer… Aurait-il perdu la raison ?
« Les femmes » sont rentrées laissant le grand-père à sa perplexité. Il a refait deux fois… trois fois… quatre fois… le chemin… mais, pas le moindre lapin en chocolat !
Il se souvenait bien en avoir vu un à la fourche basse d’un jeune chêne mais le deuxième, où l’avait-il aperçu ? Oui, où ?
Le reste de la soirée le pauvre homme s’est enfermé, seul, dans ses pensées… Sa femme a essayé de le rassurer par des paroles bien encourageantes : « Ce n’est peut-être pas grave… jusqu’à présent, tu avais toute ta tête… tu vois bien que je ne m’inquiète pas… ».
Le jour suivant, encore désemparé, il a refait trois fois le parcours des cloches ! Mais, rien… rien… rien…
C’est alors que sa femme l’a découvert se balançant à la cime d’un chêne à dix mètres de hauteur…
Lorsqu’il est redescendu, elle l’attendait au pied de l’arbre. Les yeux mouillés, elle l’observait, muette…
- C’est bon, a dit, le vieil homme cette escalade m’a permis de retrouver toute ma raison…

Dans le nid de pie se trouvait un papier argenté sur lequel un lapin souriait…

16.04.2008

Les poules...

Ce matin, vers sept heures, j’ouvre les volets et là j’entends du remue-ménage dans la basse-cour. Mes deux poules, énervées, paniquées, "crient" au secours, sans doute.
"Ça y est, me dis-je, c'est encore le renard." Parce que comme tu le sais, il y a à peine quinze jours, il a déjà emporté mes deux vieilles poules.
Je bondis donc de la maison, sans prendre le temps de me chausser et cours pieds nus dans la rosée du matin. Je couvre les cents mètres qui me séparent du poulailler en un temps record (pour moi). Là, je les trouve toute énervées, tendues, le cou dressé et braillant, braillant…
Les deux canards que j'avais achetés en même temps étaient bien contrariés "Vos gueules, les poules disaient-ils, vous allez nous faire repérer par le renard". Mais, ces deux sottes continuaient de caqueter de plus belle.
Je fais le tour du poulailler, je regarde attentivement dans les haies, sur le talus rien, pas la trace du moindre animal. C'est alors que je réalise ce qui se passe… Au loin, j'entends le chant du coq du voisin qui fait part à la contrée de sa vigueur matinale et ces deux sottes en sont toutes émoustillées.
Bon, il faut dire qu'elles viennent juste de quitter leur lieu d'élevage où elles étaient bien tenues, bien surveillées et où elles ne risquaient pas les mauvaises rencontres. Alors à peine sorties de "leur couvent" être ainsi confrontées aux réalités de la nature, naturellement, ça trouble des âmes encore sensibles…
Je les ai calmées avec une bassine d'eau froide et je suis rentré à la maison assez perplexe… mes deux vieilles poules auraient-elles tout simplement fugué pour rejoindre ce démon tentateur ?