12.08.2008
Chanter son village partition et musique pour chorale
Chanter son village... partition pour chorale...
Pour écouter (flèche verte)
Pour voir la partition (fichier pdf)
Et si vous l'utilisez... juste mettre un petit mot...

mon pays 4 voix pdf.pdf
14:45 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : partition, chorale, contes, monts d'arrée
29.04.2008
Les cloches de Pâque
- Mamie… Mamie…. Regarde ! Grand-père est grimpé tout en haut de l’arbre !
- Ah… mais qu’est-ce qui lui prend encore ! Il va se tuer ! Il a vraiment perdu la tête ! C’est affreux…
C’est vrai que depuis quelques jours le pauvre papi a la raison qui s’égare…
Les premiers signes se sont manifestés, le jour ou les cloches sont rentrées de Rome. En passant comme de coutume elles ont éparpillé des œufs en chocolat dans la campagne… enfin, c’est ce qu’a dit la mamie à sa petite fille Marie-Louise… Ordre a donc été donné au grand père d’aller inspecter les lieux afin que sa petite fille puisse sortir effectuer sa « cueillette ».
Effectivement, grand-père est rentré disant qu’il avait vu des œufs enveloppés dans du papier doré un peu partout et même deux grands lapins en chocolat qui étaient restés suspendus par les pattes à des fourches d’arbres.
La cueillette pouvait donc commencer…
Une heure plus tard la petite Marie Louise est rentrée disant qu’elle n’avait trouvé qu’un lapin en chocolat.
- Il y en avait deux, a dit le grand-père.
- Tu es certain ? Lui a demandé sa femme ?
- Ben, oui quand même ! A-t-il répondu, un peu contrarié par ce genre de questions.
- Nous n’en avons trouvé qu’un !
Alors que répondre à ça ? Tout le monde est ressorti et le grand-père, fort de son expérience a suivi le chemin parcouru par les cloches. Ce qui a permis à Marie-Louise de récolter encore deux ou trois oeufs qui étaient un peu trop bien cachés. Mais… pas le moindre lapin en chocolat.
- Tu es certain d’en avoir vu deux ? a demandé la grand-mère.
- Ben, oui quand même, je sais encore ce que je fais !
Mais, au hochement de tête de sa femme, le doute a commencé à s’installer… Aurait-il perdu la raison ?
« Les femmes » sont rentrées laissant le grand-père à sa perplexité. Il a refait deux fois… trois fois… quatre fois… le chemin… mais, pas le moindre lapin en chocolat !
Il se souvenait bien en avoir vu un à la fourche basse d’un jeune chêne mais le deuxième, où l’avait-il aperçu ? Oui, où ?
Le reste de la soirée le pauvre homme s’est enfermé, seul, dans ses pensées… Sa femme a essayé de le rassurer par des paroles bien encourageantes : « Ce n’est peut-être pas grave… jusqu’à présent, tu avais toute ta tête… tu vois bien que je ne m’inquiète pas… ».
Le jour suivant, encore désemparé, il a refait trois fois le parcours des cloches ! Mais, rien… rien… rien…
C’est alors que sa femme l’a découvert se balançant à la cime d’un chêne à dix mètres de hauteur…
Lorsqu’il est redescendu, elle l’attendait au pied de l’arbre. Les yeux mouillés, elle l’observait, muette…
- C’est bon, a dit, le vieil homme cette escalade m’a permis de retrouver toute ma raison…
Dans le nid de pie se trouvait un papier argenté sur lequel un lapin souriait…
09:20 Publié dans Contes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Monts d'Arrée, contes, bretagne
16.04.2008
Les poules...
Ce matin, vers sept heures, j’ouvre les volets et là j’entends du remue-ménage dans la basse-cour. Mes deux poules, énervées, paniquées, "crient" au secours, sans doute.
"Ça y est, me dis-je, c'est encore le renard." Parce que comme tu le sais, il y a à peine quinze jours, il a déjà emporté mes deux vieilles poules.
Je bondis donc de la maison, sans prendre le temps de me chausser et cours pieds nus dans la rosée du matin. Je couvre les cents mètres qui me séparent du poulailler en un temps record (pour moi). Là, je les trouve toute énervées, tendues, le cou dressé et braillant, braillant…
Les deux canards que j'avais achetés en même temps étaient bien contrariés "Vos gueules, les poules disaient-ils, vous allez nous faire repérer par le renard". Mais, ces deux sottes continuaient de caqueter de plus belle.
Je fais le tour du poulailler, je regarde attentivement dans les haies, sur le talus rien, pas la trace du moindre animal. C'est alors que je réalise ce qui se passe… Au loin, j'entends le chant du coq du voisin qui fait part à la contrée de sa vigueur matinale et ces deux sottes en sont toutes émoustillées.
Bon, il faut dire qu'elles viennent juste de quitter leur lieu d'élevage où elles étaient bien tenues, bien surveillées et où elles ne risquaient pas les mauvaises rencontres. Alors à peine sorties de "leur couvent" être ainsi confrontées aux réalités de la nature, naturellement, ça trouble des âmes encore sensibles…
Je les ai calmées avec une bassine d'eau froide et je suis rentré à la maison assez perplexe… mes deux vieilles poules auraient-elles tout simplement fugué pour rejoindre ce démon tentateur ?
16:15 Publié dans Contes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : contes, monts d'arrée
13.01.2008
Une soirée bretonne !
Pour sourire un peu...
- Ah, monsieur qu’est que tu as fait à ton nez ? et à ton Œil ? et à ton autre œil ? et à ton menton ? et à ta joue ? Pourquoi tu boîtes ?
… et les trente élèves, silencieux, attendaient que je réponde à ces questions bien indiscrètes posées par les petits de la classe.
- C’est en abattant un arbre, hier, dis-je. Une branche est venue fouetter mon visage…
Les petits compatissants semblaient se contenter de cette réponse mais au sourire entendu des plus grands j’ai deviné qu’ils se doutaient de quelque chose…
Alors, écoute un peu… Hier soir, j’étais invité à participer à une soirée bretonne dans une petite commune du Leon. Comme c’était « scène ouverte » j’avais emporté mon biniou koz, espérant jouer quelques mélodies.
Il faisait déjà nuit lorsque j’ai quitté la maison. Je roulais bien lentement… Les essuie-glaces suffisaient à peine à balayer l’eau qui roulait sur le pare-brise et parfois, je sentai la voiture osciller sous les bourrasques. La route sinueuse, étroite, s’enfonçait sombre dans l’épaisseur de la forêt… Je roulais, je roulais et j’arrivais en pays leonard…
J’ai joué deux petites mélodies « Mond davedeorc’h » et « an hini a garan ». D’après la traduction que l’on m’en a donné, ça voudrait dire « celle que j’aime » et « je vais vers toi » Tu vois, comme ces deux mélodies me parlaient de toi, jolie princesse, j’ai joué avec ton visage dans les yeux… Bon, depuis on m’a dit que « mond davedeorc’h » était un chant religieux qui voudrait plutôt dire « je vers vous Mon Dieu » …
J’ai été bien applaudi par les trois cents personnes présentes… suivait ensuite une conférence intitulée « Le lin au travers des siècles en pays Leonard » proposée par monsieur M… agrégé, professeur au Lycée du Saint Sacré Cœur à…
Qui aurait pu prévoir qu’un sujet aussi banal pouvait engendrer un tel cataclysme !
La conférence fut particulièrement intéressante et j’ai ainsi découvert l’origine des superbes enclos paroissiaux qui entourent quelques églises ici. J’ai aussi compris l’origine de ces imposantes demeures de maîtres construites avec l’argent du lin… mais j’ai aussi réalisé combien étaient exploités par ces même riches fermiers les pauvres domestiques qui semaient, récoltaient et travaillaient de l’aube à la nuit pour un salaire de misère. La séance s’est achevée par des questions au conférencier… et c’est là que petit à petit j’ai senti l’atmosphère s’électriser.
Tout est parti d’une question anodine. Une femme toute menue, bien discrète a levé le doigt et a demandé timidement.
« Comment se fait-il monsieur que vous n’ayez pas parlé du rôle joué par le clergé… » J’ai à peine eu le temps de me demander ce que venait faire le clergé dans la culture du lin que déjà les remarques fusaient des différents secteurs de l’assistance.
- Oui, parce que l’on connaît l’arrogance de ces « juloded » qui naturellement étaient tous accoquinés avec les prêtres pour mieux exploiter les domestiques…
- Il y avait même une prière récitée à chaque repas qui intimait à chacun de « rester à son rang, à sa place » hurla un autre.
Oh là… pensai je, ici, ça va se gâter… Le conférencier disait bien que ça se situait peu avant 1789 et qu’à l’époque…
- A l’époque ! A l’époque ! Mais regardez autour de vous, vous pouvez me dire où sont les prêtres aujourd’hui !
- Oui, toujours du côté des riches naturellement…
Alors là, n’oublie surtout pas que la conférence se tenait en pays Leonard, encore aujourd’hui terre de prêtres… J’ai vu opérer dans la salle quelques mouvements tournants… La « calotte » s’est regroupée, les « sans dieu » on fait de même, mais ils n’étaient pas en nombre…. Quelques femmes se sont signées avant de retrousser leurs manches et d’autres sont sorties en hurlant… je ne sais comment ça se fait, mais je me suis retrouvé dans le camp des plus faibles…
Le conférencier hurlait « … mais calmez-vous, c’était en 1789… c’était en 1789… » jusqu’à ce que le micro passe momentanément dans les mains d’un rouge qui hurla « A bas les calotins » et qu’il repasse dans les mains d’un blanc qui hurla « Exterminons les mécréants »… et… et je me suis réveillé dans une grande salle sur un lit de camp… Les pompiers s’activaient, les gendarmes s’activaient et le maire qui avait mis son écharpe ne décolérait pas… Après avoir fait quelques mouvements pour voir si je n’avais rien de cassé, je me suis tourné vers mon voisin de lit qui s’éveillait aussi. Nous nous sommes regardés et il m’a demandé « rouge ou blanc ? » … et nous sommes parti d’un immense fou rire…
Je me suis levé discrètement, j’ai un peu fait celui qui s’occupait des blessés et j’ai regagné ma voiture…
A trois heures du matin, je me suis couché épuisé et je me suis endormi tout de suite.
C’est hier, dimanche matin, de l’œil qui a bien voulu s’ouvrir, que j’ai pu constater les dégâts en me regardant dans la glace.
J’avais le nez assez profondément entaillé, l’œil fermé bien bleu, la joue toute griffée… et le corps endolori mais rien de cassé…
Voilà dans quel état je me suis présenté devant mes élèves ce matin (enfin, avec en plus quelques couleurs jaune- verdâtre, rouges, supplémentaires sous l’œil toujours fermé).
A midi, le maire est venu me serrer la main.
- Gast on t’a bien arrangé Yvan, a-t il dit.
- C’est un arbre ai-je murmuré.
- Tu as fait le bûcheron ce week-end ?
- Oui, et une branche en passant m’a fouetté le visage.
- Ah, ça a dû être très douloureux ?
- Oui, sur le coup mais heureusement je n’ai rien eu de cassé.
- Fais attention Yvan, on ne s’improvise pas bûcheron comme ça…
Et comme il s’éloignait, il s’est retourné…
- Ah ! J’allais oublier pourquoi j’étais venu te voir. Ce matin, on a eu un coup de fil à la mairie. Le bûcheron qui travaillait avec toi samedi m’a dit qu’il avait récupéré ton biniou… Tu l’avais oublié sous un arbre sans doute...
09:50 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : contes, bretagne
30.12.2007
Ah ! La dinde... de Noël !
En réponse à une lettre écrite par sa fiancée qui elle, habite la capitale...
Ah ! Madame, l'opéra, les impressionnistes, mais oubliez-vous que vous parlez à un humble sauvage ?????
Pour vous donner une comparaison et vous "ramenez" un peu au niveau des modestes habitants de la campagne, je vais vous conter la fin d'après-midi de cet être besogneux et simple à la fois :
Après son repas du dimanche, il (l'habitant de la forêt, le sauvage, moi donc) s'en allait avant la nuit, nourrir les poules et sa dinde... de Noël. Pour elles aussi, c'était repas de fête, c'est à dire peau et arêtes de saumon, carapace de langoustines mayonnaise (les restes de son modeste repas).
Quelle animation dans la basse-cour, chacune se précipite sur le festin sans la moindre retenue... et comme toujours, l'incident au milieu de la fête. Le rustique s'aperçoit soudain que sa dinde de Noël se comporte comme une dinde ! Elle a avalé toute entière le corps d'une langoustine qui est restée coincée dans son œsophage ! Le bec ouvert, elle suffoque, elle étouffe. Elle essaie d'avaler mais rien à faire. Elle faiblit déjà et doit se coucher sur le sol. Combien de temps une dinde peut-elle tenir sans respirer ???
L'homme des bois réagit prestement, conscient qu'il risque de perdre son réveillon... Il saisit la volaille et fait glisser la langoustine, millimètre par millimètre dans l'œsophage (comme le ferait une couturière qui passe un élastique à l'aide d'une épingle à nourrice) jusqu'au jabot. Sauvée, la dinde respire un grand coup et inconsciente du fait qu'elle vient de frôler la mort, elle se précipite à nouveau sur les restes du festin.
L'homme des bois regagne ensuite d'un pas pesant, sa chaumière, satisfait du devoir accompli... Pourtant, soudain un doute l'envahit :
"- Ne leur a-t-il pas donné trop de mayonnaise ? Et si maintenant elles mouraient toutes d'une crise de foie !"
Admettez, madame, que la vie à la campagne n'est pas toujours une chose si simple !!!!
18:04 Publié dans Contes | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : contes, bretagne
21.12.2007
Un conte de Noël pour rêver un peu...
Etait-ce vraiment un conte ?
Hier soir, pour le réveillon de noël, l'association "Kan a diskan" avait organisé un fest noz. J'étais assis près de mon vieux maître et lui tenait compagnie tout en admirant les danseurs. Comme je m'extasiais de la virtuosité de la jeune musicienne, il m'a rapporté cette histoire, un véritable conte de Noël.
Écoute plutôt ses paroles…:
"Oh, ça remonte à loin, peut-être soixante ans maintenant. J'enseignais alors dans la vieille école, tu sais, celle qui se trouve près du Morbic et qui est aujourd'hui abandonnée. A l'époque, c'était une classe unique et notre village était bien isolé de la ville et de ses lumières. Je le trouvais bien calme, trop même pour le jeune maître que j'étais. Je ressentais bien souvent ma solitude et là, en cette veille de Noël, j'en souffrais encore plus que de coutume parce que j'allais passer seul le réveillon dans ma trop grande maison d'école.
En début d'après-midi, je travaillais dans mon verger. Je taillais les branches d'un pommier mais ces gestes automatiques qui ne demandent pas une bien grande attention ne me permettaient pas de chasser ma mélancolie.
Soudain, à la barrière du jardin, j'ai aperçu Marie-Louise, ma petite voisine qui est aussi mon élève de CP. Elle se dirigeait vers moi. J'ai tout de suite vu qu'elle avait sa tête des mauvais jours. Elle ignora, Fridu, mon boxer qui était parti se frotter à ses jambes en quête de caresses. Son visage généralement si éveillé, si épanoui me paraissait fermé et bien sombre. Elle est venue à ma hauteur et gardait la tête baissée.
- Bonjour Marie-Louise
- Bonjour monsieur, a-t-elle répondu, sans même lever le nez et en grattant la terre de la pointe de son soulier.
Je restais un moment silencieux, je ne voulais pas la bousculer, mais comme le silence se poursuivait, j'ai repris.
- Tu as des soucis Marie-Louise ?
- …
- Allez, ma petite demoiselle, tu ne devrais pas être si triste… Sais-tu que le Père Noël passera ce soir ? Ce n'est pas une bonne nouvelle ça ?
- Eh non ! Hurla-t-elle, en levant soudain vers moi un visage plein de larmes…Il ne passera plus jamais le Père Noël, plus jamais… parce qu'il n'existe pas !
- Qu'est-ce que tu me racontes là, Marie-Louise, le Père Noël n'existe pas ?
- Non, il n'existe pas, poursuivit-elle en sanglotant. Ses beaux yeux noirs d'ordinaire si brillants, étaient noyés de larmes. C'est mon frère Jules qui me l'a dit. Il a même ouvert l'armoire où papa et maman ont caché les cadeaux.
- Allons, lui dis-je en m'agenouillant pour lui essuyer les joues, ne pleure pas. Ton frère a peut-être voulu faire le malin. Es-tu certaine qu'il sache la vérité sur le père Noël, lui ?
- Ben, oui, c'est un grand quand même…
- Bon, alors moi, je te propose une chose, une expérience si tu préfères. Nous allons couper un sapin. Nous le placerons ici, dans mon jardin et toi tu vas le décorer. Si le Père Noël passe y mettre des cadeaux ce sera la preuve qu'il existe. Qu'en penses-tu ?
- Oui, je veux bien, monsieur, me dit elle en retrouvant son si joli sourire.
- Bien, je prends une scie, tu m'accompagnes, nous allons bien trouver un arbre qui nous servira de sapin.
Nous avons coupé, un jeune pin sauvage qui avait poussé seul près du talus. Nous l'avons ramené à la bonne taille et placé dans un vieux seau bien mal en point. Quelques grosses pierres avaient permis de le maintenir en équilibre.
- Bien, maintenant Marie-Louise, tu attends cinq minutes, je monte jusqu'à ma cuisine et je te ramène de quoi le décorer.
Je lui ai rapporté des fils de laine rouge et du papier d'aluminium.
- Tu vois, là dans les pommiers, il reste encore des pommes que les merles n'ont pas eu le temps de manger. Tu vas les cueillir, et les envelopper dans ces feuilles d'alu, ça te fera de superbes boules que nous suspendrons dans notre sapin.
Deux heures plus tard, notre arbre de noël avait déjà fière allure.
- Tiens, pour qu'il soit vraiment beau, notre sapin, nous allons cueillir quelques branches de houx qui portent encore des boules rouges. Ça finira de lui donner un air de fête.
- Que dis-tu de notre travail Marie-Louise ?
- Oh, oui, il est très joli monsieur, dit-elle en me prenant la main.
- Si le père Noël existe, il ne manquera pas d'y mettre un cadeau en faisant sa tournée. Alors pour éviter que certains soient jaloux et qu'ils te racontent encore des histoires tu ne parles à personne, de notre sapin, ce sera un secret entre nous deux et demain matin, nous verrons bien si le Père-Noël est passé.
- D'accord, monsieur, je ne dirai rien…
Elle avait retrouvé ses yeux noirs brillants de bonheur, d'intelligence et de malice ma petite Marie Louise… et lorsque nous nous sommes séparés, à la tombée de la nuit, il aurait été difficile de dire lequel de nous deux était le plus heureux.
Le lendemain matin, dès le levé du jour, je guettais, par la fenêtre de la cuisine, l'arrivée de Marie-Louise. J'étais certain que sa première visite serait pour notre sapin.
Effectivement, je la vis arriver bien emmitouflée dans son manteau. Sans hésitation, elle se dirigea vers le jardin. Lorsque je la rejoignis, elle tenait déjà dans sa main le cadeau que le père-Noël avait déposé au pied de notre arbre. C'était une grande enveloppe fermée par un ruban et sur laquelle elle put lire son nom "Pour Marie-Louise". Elle l'ouvrit… elle contenait une flûte Irlandaise et une jolie carte…
Elle restait là, silencieuse à contempler son cadeau.
- Veux-tu que je lise ce qu'il y a d'écrit sur la carte ?
Elle me la tendit.
" Qui a osé affirmer que le Père Noël n'existait pas ?
Comme je faisais ma tournée, mon attention a été attirée par ce magnifique sapin. Seulement, il n'existait pas encore, lorsque quelques jours plus tôt, j'avais dressé ma liste de distribution des cadeaux… J'étais donc bien embarrassé, il ne me restait plus de jouets… Je me suis souvenu alors, qu'au fond d'une de mes immenses poches, j'avais une flûte. Je ne te cacherai pas que j'ai un peu hésité à te la donner, pour deux raisons. La première, c'est que cette flûte n'est pas un jouet, c'est celle sur laquelle je joue parfois, lorsque je me sens un peu triste. Et la deuxième, c'est qu'elle est magique… Tu verras, dès que tu sauras en jouer, tu te rendras compte qu'elle sait faire danser, les mamies, les grands-pères, les mamans, les papas et même les enfants.
J'espère que tu en feras bon usage.
Je t'embrasse, petite Marie-Louise…
Signé : Le Père Noël"
Je lui ai rendu la lettre. Nous demeurions silencieux encore émerveillés par ce si gentil mot du Père Noël.
- Tu es heureuse Marie-Louise ?
- Oh oui, monsieur a-t-elle murmuré.
A cet instant, le soleil est passé juste au dessus de l'horizon et a fait briller de mille éclats les cristaux de givre qui s'étaient déposés sur notre sapin.
J'ai pris la main de Marie-Louise et je l'ai raccompagnée chez elle. Ses parents qui eux aussi un moment avaient pensé que le Père-Noël n'existait pas, ont bien été obligés d'admettre qu'ils s'étaient trompés.
Nous avons pris ensemble ce matin là, le plus délicieux chocolat chaud que j'aie jamais bu… Il avait le goût du bonheur.
Nous avons aussi pris rendez-vous pour apprendre à jouer de la flûte. C'est peut-être d'ailleurs parce qu'elle était magique qu'il n'était pas si simple d'en sortir un son.
Tu vois, cette musicienne que tu trouves si extraordinaire, eh bien… elle s'appelle Marie-Louise, c'est la petite fille de la petite Marie-Louise de mon histoire, et elle joue sur la flûte magique du Père Noël… Tu t'en serais douté ?
Et après ça, toi, ne viens surtout pas me dire que le Père Noël n'existe pas.
18:18 Publié dans Contes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : contes, bretagne
17.12.2007
Au près de la fontaine magique... une mélodie à la bombarde
12:05 Publié dans Contes | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : contes, bretagne
05.11.2007
Le biniou koz
Ah ! C'est un véritable bijou, une merveille ! Je viens de faire l'acquisition d'un biniou koz. Imagine un instrument qui ressemble à la cornemuse mais en plus petit. C'est l'instrument que les gens d'ici utilisent pour accompagner la bombarde lors des festou deiz ou festou noz.
Sans plus attendre, je m'y suis donc mis. Je ne sais si tu as déjà soufflé dans un biniou koz ?
Je t'explique :
Tu souffles pour remplir la poche et tu entends "oooooonnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn…"
Tu souffles plus fort pour obtenir un "iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii…"
Mais là, aussitôt le " oooooooooonnnnnnnnnnnnnnnn" s'arrête, et tu n'as qu'un "iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii" qui te casse les oreilles.
Patient tu recommences, une fois... dix fois... et c'est toujours "ooooooooooooonnnnnnnnnnn" ou "iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii" mais jamais "ooooooooooooonnnnnnnnnnn" et "iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii" en même temps.
Alors tu t'énerves, tu souffles plus fort et là, l'animal se tait !
Epuisé, j'ai donc arrêté de m'époumoner et j'ai décidé de me rendre à Brest afin d'acheter un sac pour loger et transporter "mon animal boudeur !"
Comme tu le sais, j'habite au bout du monde, dans la lande et l'ajonc. Et c'est toute une aventure que de se rendre à la ville. J'ai donc pris ma voiture, suivi un chemin de terre, puis un chemin communal, puis quelques départementales, puis la "nationale" et enfin la voie express. Enfin je suis entré dans la ville avec des voitures partout, partout, partout… ah que c'est inquiétant quand on ne connaît que les champs.
Chez "Décathlon" j'ai bien mis vingt minutes à trouver le sac qui me convient et là aussi, il y avait du monde, partout, partout, partout…
En sortant, à la porte du magasin, une superbe jeune femme m'adresse un sourire et me fait un petit signe de tête pour me dire bonjour.
"- Bonjour madame" lui dis-je en répondant à son sourire.
Tiens, les gens de la ville seraient-ils moins "sauvages" qu'on le dit ?
Mais je n'étais pas au bout de mes surprises. Lorsque je me suis assis au volant… je me suis aperçu que la charmante jeune dame s'était assise, à la place du passager !
Un peu perplexe, je lui ai demandé…
- Euuhhh madame, vous ne vous trompez pas de voiture ?
- Euuhhh monsieur, me répond-elle, ça dépend de vous.
Je suis resté la regarder silencieux, interrogateur.
- Voulez-vous que je vous dépose quelque part ? Dans quelle direction allez-vous ?
- Dans la même que vous, monsieur…m'a t'elle répondu me montrant un sourire gracieux.
- Ben, vous savez madame, là je retourne dans les Monts d'Arrée et si vous ne me dites pas où vous déposer, vous allez vous retrouver dans les champs au milieu de nulle part!
Elle m'a dévisagé un instant, comme si elle essayait de comprendre (mais quoi ?) puis elle s'est empourprée et s'est mise à hurler !
- Mais quel plouc celui-là !!! Tu crois que j'ai tu temps à perdre avec des bouseux pareils !!!
- Mais madame… ai-je balbutié en rougissant.
- Mais madame… mais madame… non mais je rêve ? T'es vraiment trop "con" m'a-t-elle dit en sortant et claquant violemment la portière.
Je suis resté un moment avant de redémarrer, un peu abasourdi par ce comportement imprévisible.
Lorsque j'ai raconté mon aventure à un de mes collègues joueur de biniou koz il m'a juste dit :
- ah, ça devait être une péripatéticienne.
- Ah bon…
Je n'en ai pas dit plus mais lorsque j'ai lu la définition du dictionnaire : "Qui suit la doctrine d'Aristote parce qu'Aristote enseignait en marchant".
J'ai bien compris que mon camarade avait voulu faire le savant ! Je me demande bien ce que cette jeune dame aurait pu m'enseigner en marchant !
08:48 Publié dans Contes | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : contes, bretagne
31.10.2007
Le loup et la grand-mère
Aux dernières nouvelles, le loup aurait-il quitté le Mercantour pour venir s’installer dans les Monts d’Arrée ? A moins qu’il ne s’agisse d’un solitaire échappé du parc animalier de Menez Meur ?
Ecoutez cette histoire dramatique et vous jugerez vous-même.
Hier, mardi, en fin de journée, j’avais raconté aux enfants, l’histoire du petit chaperon rouge. Les plus petits (trois ans) semblaient avoir été marqués par la fin tragique de la grand-mère et s’étaient mis à pleurer… Je leur avais donc expliqué qu’il ne s’agissait que d’une histoire mais je voyais bien qu’ils n’étaient guère rassurés.
Et, le Jeudi matin, à l’ouverture de l’école, j’aperçois une jeune grand-mère qui se dirige vers moi, tenant sa petite fille par la main.
- Ah, monsieur, me dit-elle, ne pensez-vous pas avoir tourmenté l’esprit des enfants avec votre histoire du petit chaperon rouge ?
- ????
- Tiens, Lucie dit-elle à sa petite fille, va rejoindre tes petites copines…
Et pendant que la petite fille s’éloignait, la grand-mère poursuivit…
Eh oui, figurez-vous que hier, je gardais Lucie… et tandis qu’elle jouait au loup, j’étais à genoux, penchée sur le jardin, je repiquais quelques fleurs… Et soudain… j’ai ressenti une vive douleur à la fesse, j’ai hurlé de douleur… je me suis retourné… et là, heureux de sa bonne blague, le loup qui venait de me mordre, me regardait en souriant…
10:16 Publié dans Contes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : contes, bretagne
27.10.2007
Le merle alcoolique
Note : Après un mois sans rien publier, j'ouvre les statistiques... et je constate avec un grand bonheur qu'une centaine de lecteurs ont ouvert ce blog... Comment vous remercier ? Voici un petit texte (déjà mis en ligne puis supprimé il y a un an environ) J'espère que vous aimerez...
Il est classé "conte"... mais allez savoir !!!
Ah ! Il s'en passe de bien bonnes dans nos campagnes !!!
Avant hier soir, comme de coutume, je fais un tour de jardin avant la nuit. Et là, mon attention est attirée par un merle au comportement étrange. Il ne fuit pas à mon approche et a même du mal à se tenir sur ses pattes. Je m'en approche à cinquante centimètres peut-être, et là, il s'éloigne un peu en titubant. Je m'en approche encore et là contrarié il pousse ses cris mais pas les "quic…quic… quic… quic…" nerveux auxquels je suis habitué. Non, ce serait plutôt du genre "hic… hic… hic…"
Je réalise alors que mon merle a mangé les pommes fermentées que j'avais triées. En fait, il est ivre !!!
Hier matin, lorsque je suis allé dans le jardin, je retrouve mon merle, il me regarde d'un drôle d'air… d'un regard un peu trop brillant, un peu agressif . Il était là sur une branche à peine à quelques centimètres de moi. Son œil me disait "Tu vois bien que je suis en manque, vite, mon premier verre !"
Je lui ai donc apporté ses trois pommes fermentées sur lesquelles il s'est précipité en piaillant de plaisir… et il devait être huit heures et demie du matin.
Hier soir, je suis passé dans mon jardin mais je ne l'ai pas vu, il doit cuver sous un arbre!!! Devrai-je essayer de le désintoxiquer ?
Ce matin, j'ai donc pris la ferme résolution de guérir mon merle de sa mauvaise habitude. J'arrive dans le jardin, il est là à attendre sa première dose d'alcool.
- Pas d'histoire, lui dis-je, je t'ai apporté des miettes de gâteaux. Tu n'as qu'à t'en remplir le ventre si tu ne veux pas mourir de faim.
Je vois alors son œil incrédule s'allumer. C'est comme s'il se marrait. Oser proposer un biscuit à quelqu'un qui attend son premier verre du matin ! D'ailleurs, je lis bien dans ses pensées… "Non, mais, tu te fous de moi ? Tu veux que je meure d'un excès de cholestérol ? Dis, c'est ce que tu cherches ?"
Bon, je reste calme, je ne veux pas me chicaner… mais j'ai bien envie de lui dire qu'en mangeant trop de gâteaux, c'est plutôt un excès de diabète qui le guette.
Je reste ferme, je lui laisse les biscuits bien en évidence et je rentre à la maison.
Ce soir, je retourne au jardin… pas de merle ! Je cherche un peu autour des arbres, il a disparu. C'est bien, me dis-je il doit maintenant se contenter d'une nourriture plus saine. J'ouvre la porte de la cabane… Horreur !!! Mon merle est là sur le bord du cageot de pommes. Il est venu se servir directement à la source… et il est tellement ivre qu'il dort, le bec ouvert… un filet de salive dégouline sur son plumage noir !!!!
Cette fois, je décide d'employer les grands moyens. Je le saisis délicatement mais il ne s'en aperçoit même pas. Je le place dans un carton que je place dans le coffre de ma voiture et je prends la direction la ville. Je décide de le déposer à la SPA.
Là, lorsque j'explique ce qui m'amène, les yeux de mes interlocuteurs s'allument aussi (un peu comme ceux de mon merle quand il est en manque).
- Ah, vous avez de la chance me dit une dame en blouse blanche. Justement monsieur Goasgoen est là. Comme il est vétérinaire, il va pouvoir s'occuper de votre oiseau.
Arrive un monsieur tout barbu qui se fait expliquer les raisons de ma visite.
- Un merle alcoolique ? Dit-il…. Je vais l'ausculter.
Il prend son stéthoscope. Souffle un peu sur les plumes et écoute les battements du cœur. Mon merle, lui, toujours ivre, dort toujours la tête pendue dans le vide.
- Oh, le cœur est bon, je pense que nous allons le garder en observation et dès qu'il ira mieux, nous le relâcherons. Je pense que vous êtes d'accord ?
- Naturellement dis-je… Mais vous comprenez bien que je ne pouvais laisser ce pauvre merle s'alcooliser comme cela, sans intervenir ?
- Ah, vous avez bien fait, monsieur me répond-il.
Et je lis dans ses yeux brillants à quel point il apprécie ma bonne action.
Lorsque je ressors sur le trottoir, j'ai tout de même un choc. Là devant moi, deux blouses blanches sortent d'une ambulance. Ils passent à ma hauteur… et entrent aussi dans les locaux de la SPA.
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